top of page

Comment bien choisir son blanc ? Les conseils de ton architecte.

24 août
4 min de lecture

Un blanc n’est jamais vraiment blanc. Sur un nuancier, deux références peuvent sembler presque identiques. Une fois appliquées sur plusieurs mètres carrés, l’une paraît douce et lumineuse, tandis que l’autre devient jaune, grise, rosée ou presque bleue. Pourquoi ? Parce qu’une couleur ne se perçoit jamais seule. La lumière naturelle, l’orientation, les matériaux environnants, les autres couleurs et l’éclairage artificiel modifient constamment notre perception. Choisir le bon blanc pour un intérieur est donc beaucoup plus technique qu’il n’y paraît. Et non, il n’existe pas de « blanc universel » qui fonctionnerait dans toutes les maisons. Voici 5 critères essentiels pour choisir la bonne nuance de blanc pour votre intérieur.


Hélène Szereda Architecte Angers

1. Comprendre les sous-tons : tous les blancs sont colorés.

Lorsque l’on regarde un mur blanc, notre cerveau l'identifie immédiatement comme « blanc ». Pourtant, la plupart des peintures blanches contiennent des pigments qui leur donnent un sous-ton plus ou moins perceptible. Un blanc peut ainsi tendre vers le jaune, le rose ou le rouge, le gris, le vert, le bleu, etc.


Et c’est souvent lorsque deux blancs sont placés côte à côte que ces nuances deviennent évidentes. C’est aussi ce qui explique qu’un blanc magnifique sur une photo puisse sembler complètement différent chez vous : sa perception dépend de tout ce qui l’entoure. Un blanc légèrement grisé peut, par exemple, fonctionner parfaitement avec un béton ou une pierre froide mais paraître presque bleuté à côté d’un parquet très chaud.


Choisir un blanc, c’est donc déjà choisir une couleur.

2. Observer l’orientation et la lumière naturelle.

Avant de regarder un nuancier, je regarde la pièce. Son orientation est déterminante parce que la lumière naturelle possède elle-même une température et évolue au cours de la journée. Une pièce exposée au nord reçoit généralement une lumière plus diffuse et plus froide. Certains blancs froids peuvent alors accentuer cette sensation et devenir gris ou bleutés. Une nuance légèrement plus chaude peut permettre de rééquilibrer l'ensemble.


Une exposition au sud bénéficie généralement d’une lumière plus chaude et généreuse. Elle permet davantage de nuances, mais peut également accentuer fortement les sous-tons jaunes ou rosés. À l’est, la lumière est particulièrement présente le matin et à l’ouest, elle devient plus chaude en fin de journée. Mais l'orientation seule ne suffit pas. Une fenêtre donnant sur une façade en tuffeau, un jardin très végétalisé ou un bâtiment en briques peut également renvoyer sa propre couleur à l'intérieur.


On ne choisit donc jamais un blanc indépendamment de la lumière réelle du lieu.

3. Faire dialoguer le blanc avec les matériaux existants.

Le blanc ne doit pas être choisi avant le reste du projet. Parquet, pierre, carrelage, cuisine, plan de travail, menuiseries, textiles ou mobilier possèdent eux aussi leurs propres températures et sous-tons. Prenons une maison ancienne à Angers avec du tuffeau, un parquet ancien et des menuiseries en bois. Un blanc très froid peut créer un contraste intéressant s’il est volontaire, mais il peut aussi donner l’impression que les matériaux historiques ont soudainement jauni.


À l'inverse, accumuler un parquet chaud, une pierre crème, une lumière à 2 700 K et un blanc très jaune peut faire basculer toute la pièce vers une ambiance beaucoup plus chaude que prévu. Le travail de l'architecte consiste donc à regarder les relations entre les couleurs, et non chaque référence séparément.


Le bon blanc n’est pas nécessairement le plus beau sur le nuancier. C’est celui qui crée le bon équilibre avec ce qui l’entoure.

4. Tester la peinture dans les vraies conditions.

Choisir définitivement une peinture à partir d’un petit carré imprimé sur un nuancier est risqué. La perception d’une couleur change avec la surface sur laquelle elle est appliquée, son environnement et la quantité de lumière reçue. Je recommande donc de sélectionner plusieurs nuances proches puis de réaliser de grands échantillons. Ils doivent être observés dans la pièce concernée, idéalement à différents endroits.


Et surtout, il faut revenir les regarder. Le blanc qui semble parfait à 10 heures peut être très différent à 17 heures. Puis changer encore lorsque la lumière naturelle disparaît. Il faut donc l'observer le matin, en milieu de journée et le soir, avant et après avoir allumé les luminaires. La finition compte également : mat, velours, satin… une surface ne réfléchit pas la lumière de la même manière selon son aspect et sa position.


Un échantillon n’est pas une précaution excessive. C’est une véritable étape de conception.

5. Penser le blanc avec l’éclairage artificiel.

C’est probablement l’un des éléments les plus oubliés. Vous pouvez choisir méticuleusement votre blanc à la lumière naturelle et découvrir, une fois la nuit tombée, un intérieur totalement différent. La température de couleur des sources lumineuses, exprimée en Kelvin (K), modifie fortement la perception des peintures. Une lumière chaude autour de 2 700 K réchauffera visuellement un blanc, tandis qu’une température plus élevée donnera une perception plus froide. Mais les Kelvin ne sont pas le seul critère.


L’IRC (Indice de Rendu des Couleurs) renseigne sur la capacité d’une source lumineuse à restituer fidèlement les couleurs. Un éclairage dont le rendu chromatique est médiocre peut altérer la perception d'une palette pourtant soigneusement composée. Il faut également tenir compte de la puissance, de la direction de la lumière et de la manière dont elle se réfléchit sur les murs.


Peinture et éclairage devraient donc être conçus ensemble, et non comme deux décisions indépendantes.

Conclusion : le bon blanc qui va partout n'existe pas dixit ton architecte.

Choisir un blanc paraît simple parce que nous avons tendance à le considérer comme une absence de couleur. C’est justement l’erreur. Un blanc possède un sous-ton. Il réagit à l’orientation, évolue avec la lumière naturelle, dialogue avec les matériaux et change sous l’éclairage artificiel.


C’est pourquoi il n’existe pas de blanc véritablement « passe-partout ». Une référence qui fonctionne merveilleusement dans une maison peut être complètement inadaptée quelques rues plus loin.


Le bon blanc n’est pas celui qui fonctionne partout. C’est celui qui fonctionne ici.


Vous hésitez entre plusieurs nuances pour votre projet ? Atelier Hors-Série vous accompagne à Angers dans la conception colorimétrique de votre intérieur, en tenant compte de l'architecture, de la lumière, des matériaux et des usages pour construire une palette réellement adaptée au lieu.

 
 
 

Commentaires


Atelier hors-série Angers Architecte
Ordre Architecte Angers
Côté Maison Architecte Angers
Elle_Decoration_regular_logo.svg copie creme GRAND.png

Hélène Szereda Architecte D.E. H .M.O.N.P. à Angers inscrite depuis le 12/02/2021 au Tableau de l’Ordre des architectes de la région Pays-de-la-Loire, France, sous le n° d’Ordre 088414 |Exercice en libéral depuis le 12/02/2021, à l’adresse professionnelle , Weforge / 25, rue Lenepveu, 49100 Angers |Bénéficiant du statut "Entrepreneur individuel" depuis le 15/05/2022 et ayant la dénomination sociale suivante : EI HELENE SZEREDA / SIRET 829588136 00046  /  TVA FR 15829588136|ce mode d’exercice autorise le port du titre d’architecte et permet de réaliser des missions de conception et de maîtrise d’œuvre en son nom propre |contact@atelierhors-serie.fr / 06 95 50 65 27

Angers 2021 atelier hors-série / architecte à Angers / Tous droits réservés

bottom of page